Détournement d’une technique d’analyse informatique de textes, la « concordance » (ou Key Word In Context), qui sert à comparer rapidement des extraits de textes décontextualisés comportant un même motif (pattern) en les présentant sous la forme d’une liste alignée.
Ici, les extraits, en nombre immense, défilent trop vite pour qu’une comparaison puisse vraiment avoir lieu. Mais cette succession rapide (qui nous force à mettre en relation des mots sur la base de leurs proximités formelles, seigneur et enseignement) donne à voir en transparence un texte: un requiem, dont l’origine biblique renvoie à l’histoire de la « technologie intellectuelle1 » qu’est la concordance, et de ses usages: par les moines scolastiques, longtemps avant son informatisation et au début de celle-ci avec la Machine-Generated concordance du père Roberto Busa et d’IBM2.
Ce texte, on ne le voit jamais directement, mais on le perçoit comme un écho qui prend forme par l’agglomération des énoncés non-identifiées issus des dizaines de milliers de textes de la bibliothèque Wikisource. Goody, Jack, La Raison graphique. La Domestication de la pensée sauvage, trad. Jean Bazin et Alban Bensa, Paris, Les Éditions de Minuit, 2002.↩︎ Winter, Thomas Nelson, « Roberto Busa, S.J., and the Invention of the Machine-Generated Concordance », Faculty Publications, Classics and Religious Studies Department, n° 70, 1999.↩︎Notes
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