Les Constitueur·euses montre les résultats d’une analyse lexicale basique de la Constitution suisse. Les verbes y sont présentés par ordre de fréquence. En haut, et en grand, les verbes les plus nombreux. En bas, minuscules, les verbes qui n’apparaissent qu’une fois.
La forme du travail reprend une figure de style typique des prises de paroles politiques grandiloquentes, l’anaphore1. Les formes verbales les plus fréquentes, et qui se retrouve tout en haut de la liste, sont les auxiliaires pouvoir, être, devoir, avoir, dans des phrases si génériques qu’elles rappellent les slogans délibérément vagues des campagnes électorales.
Tous les verbes sont ici conjugués à la forme active; ils prennent comme sujet le pays lui-même. Il s’agit non seulement d’appliquer une simplification stylistique qui corresponde aux discours politiques, mais aussi d’interroger ces métonymies ordinaires et typiquement journalistiques qui font des pays des agents2 (dire qu’un pays « autorise l’exportation d’armes » masque à la fois les dissensions et les agent·es réelles des opérations gouvernementales: une grande fiction). Notamment employée par François Hollande dans sa tirade programmatique « Moi, président de la République » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Moi_président_de_la_République)↩︎ Lecolle, Michelle, « Métonymie dans la presse écrite: entre discours et langue », Travaux neuchâtelois de linguistique, n° 34–35, 2001.↩︎Notes
